Mardi 04 septembre 2007 Porto Petro -- Archipel de Cabrera
La météo qui tient une part nettement moins importante dans mes récits depuis notre arrivée aux Baléares, n’en reste pas moins un rituel auquel nous nous plions chaque matin, à 9h30 sur Monaco Radio!! Avis de grand frais N° 876544…..sur la Corse…sans regret de l’avoir quitté celle-ci! Cependant le vent se déchaîne dans le Golfe du Lion…nous devrions en percevoir quelques retombées.
Nous voilà fin prêts et partons pour l’Archipel des Cabrera, environ 3h00 de navigation accompagnée d’une mer très calme. L’ambiance à bord d’Uluwatu est plus que studieuse, Régis se perfectionne au saxophone tandis que je m’évertue à comprendre le bon usage de « Ser » et « Estar »!!
Nous approchons…sept îles s’échelonnent au Nord de l’île principale de Cabrera. La plus au Nord « Horadata » porte la tourelle rouge et blanche d’un phare, île Pobre, île Plana, île Conils, île Redonda…tous ces petits îlots sont inhabités.

Nous les longeons successivement pour arriver sur l’île principale de Cabrera au relief très accidenté, longue de 6km et qui émerge à 7 milles (15km) à la pointe extrême Sud de Majorque. Cet archipel, longtemps domaine militaire est aujourd’hui un parc naturel fondé en 1991 pour préserver la nature encore sauvage. Il est interdit de mouiller, pratiquer la plongée sous marine avec bouteille, de pêcher, de débarquer des détritus solides ou liquides, de les jeter à la mer, de débarquer des animaux, de camper et de donner à manger aux poissons…bref, je ne sais même pas si nous sommes autorisés de nous parler à bord!
Sur les hauteurs apparaît un vieux Donjon d’où les militaires surveillaient autrefois les nombreux prisonniers. Passés ce château, on découvre peu à peu une vaste baie entourée de collines assez élevées qui assurent une protection parfaite contre tous les vents. On n’aperçoit au pied du vieux château fort le petit môle « del Porchet » entouré d’un groupe de maisons blanches dont celle de l’ancien commandant du campement militaire et la terrasse de la Cantina…un véritable décor de cinéma!


Tout le reste de l’île a conservé sa végétation méditerranéenne constituée de touffes de maquis s’agrippant sur un terrain rocailleux. Seuls quelques petits chemins au bord de la baie, les débarquements à terre ne sont apparemment autorisés qu’au môle…et uniquement pour se rendre au château.
Une 15aine de bateau sont au mouillage…nous nous amarrons sur une bouée attendant la venue d’un agent du Parc. 16h00, sans nouvelle de leur part, nous nous rendons en annexe au môle…aucune trace d’Uluwatu nulle part, on s’inscrit sur liste d’attente, ce qui semble plus être une formalité car de nombreuses bouées sont encore disponibles. Nous profitons d’être à terre pour monter jusqu’au château de Cabrera…une vue incroyable sur la baie.

Minute historique : « La baie de Cabrera a toujours été appréciée des navigateurs dans les temps les plus anciens. L’île en 902 ne comptait qu’un petit monastère lorqu’elle fût occupée par les Arabes. Le château de Cabrera a été construit au XIV° siècle pour défendre l’île contre les pirates. En 1808, lors de la guerre d’espagne, 8000 officiers et soldats français vaincus, furent exilés dans l’île et pratiquement abandonnés pendant 4 ans. Ils endurèrent de terribles souffrances et plus de la moitié périrent de faim et de maladies. » Après cette « minute culturelle »…visite des fonds marin. Étant dans une réserve naturelle protégée, nous nous retrouvons nez à nez avec des bancs de sars, de mulets, de sérans. Régis a même entr’aperçu un de ces amis poulpe…et comble de l’ironie…pense lui ramener un p’tit crabe pour son déjeuner!!
Le temps se dégrade au fur et à mesure….